MONTRES DODANE : De la Rasse à Besançon, 152 ans d’histoire Les Dodane sont originaires du Val de Morteau (Haut Doubs ; Franche Comté) et, selon les plus anciens documents d'archives, ils furent parmi les pionniers qui, à la fin du X° siècle, s'établirent dans les rudes montagnes proches de la Suisse et y créèrent les premiers villages en défrichant la forêt, sous l'égide des moines de l'abbaye de Cluny. Ils s'étaient fixés sur un mont appelé Dodane situé, en bordure de la frontière Suisse, au dessus de Sobé près de la ville de Morteau, où, par la suite, ils pratiquèrent, pendant l'hiver, l'horlogerie. La maison Dodane se fit rapidement remarquer dans le monde de l'horlogerie par son esprit de recherche. Cinq générations se sont donc succédées depuis qu’Alphonse Dodane, ainsi que son beau-père François-Xavier Joubert, eurent l'idée de créer une fabrique d’horlogerie et un atelier d’ébauches au fond des gorges du Doubs, à La Rasse, en bordure de la frontière suisse, afin d’utiliser la force hydraulique que leur offrait la rivière. C’est là que furent fabriquées les premières montres Dodane dans une usine qui employa jusqu’à 120 ouvriers. http://maps.google.fr/maps?ll=47.155256,6.8435917&z=16&t=h&hl=fr Afin de tirer parti de l’électricité et du chemin de fer, la manufacture fut transférée à Morteau (Haut Doubs - France). Alphonse Gabriel y prit le relais de son père à l’aube de la Première Guerre Mondiale. Il donna à la Maison Dodane son caractère très particulier en diversifiant son activité de fabrications horlogères traditionnelles. Il était persuadé que la conquête de l'air serait tout aussi importante que celle de la route. Peut-être parce que dans le Doubs, les voies de communication restaient enneigées pendant de nombreux mois à cette époque. Toujours est-il qu'il misa sur l'avion comme le moyen de transport du futur. En 1917, la science balistique n'étant encore qu'à l'état embryonnaire, les bombes lâchées par les premiers avions de bombardement avaient la particularité de tomber régulièrement loin des objectifs. Un ingénieur nommé Vidal construisit alors un viseur améliorant la précision, dans la mesure où le largage des bombes devait intervenir à mi-chemin entre le moment où l'objectif apparaissait dans le viseur et celui où l'avion survolait l'objectif ; mais le résultat restait fort aléatoire. Alphonse Gabriel Dodane apporta la correction nécessaire en mettant au point un chronographe à rebours de conception très difficile. Dès que l'objectif était dans le viseur, le pilote déclenchait le chrono, s'en allait survoler l'objectif et déclenchait à ce moment le compte à rebours. Il ne restait plus alors, en volant en sens inverse, qu'à décompter la moitié du temps pour lâcher les bombes. L'aviation militaire franchissait ainsi un nouveau pas et l'entreprise Dodane s'ouvrait un nouveau chemin sur lequel elle fit souvent cavalier seule. En 1929 s'ouvre l'histoire de la troisième génération des Dodane avec l'installation de Raymond Dodane à Besançon avenue Clemenceau puis avenue de Montrapon. Raymond Dodane poursuit les traditions des montres compliquées, jusqu'au moment où les impératifs des marchés l'obligent à une stricte sélection de fabrications de haute qualité. Il s'est fixé un but: 50.000 montres.. Toutefois, il faut savoir que la montre ne représente que 60 % des activités de l'usine. L'invention de 1917 a définitivement marqué l'avenir de cette entreprise qui s'est spécialisée dans les chronographes de bord équipant tous les avions de combat sortant des usines Dassault. La firme fut l’un des plus anciens fournisseurs agréés de l'OTAN et s'est vue décerner l'homologation RAQ 2 du Service de Surveillance Industrielle de l'Armement. Une fois ses modèles acceptés dans les rangs des Forces armées françaises, la Maison Dodane étaient, en outre, chargée de la maintenance, c'est-à-dire des révisions périodiques et des éventuelles réparations afin de garantir un fonctionnement parfait de toutes ses montres. De façon régulière, les montres étaient soumises à des tests en laboratoire à la fabrique même, ou auprès du service officiel de contrôle du bon fonctionnement des montres de Besançon (Observatoire des chronomètres). En 1983, Laurent Dodane ainsi que son frère Michel succédèrent à leur père en prenant la direction de la société et constituèrent la quatrième génération de fabricants horlogers. Dans les années 90, la production des montres Airain(autre marque appartenant à la société) et Dodane est de 160.000 pièces, vendues en France et dans les trente principales villes des cinq continents. Par ailleurs, elle fut la seule entreprise française à être homologuée pour la fabrication des chronos altimétriques permettant aux parachutistes le saut de nuit à ouverture retardée, appareil qui était doté d'un système de protection contre l'eau par éclatement d'une pastille de gaz pour le cas où les chutes interviennent en mer ou en rivière. Troisième spécialité Dodane : le compteur au 100e de seconde pour le contrôle des sièges éjectables pour l’Aérospatial. Dans les trois cas il est bien inutile de préciser qu'il fut impossible de prendre des libertés dans les techniques de fabrication. A ce sujet, Dodane trusta les diplômes de contrôle chronométrique de l'observatoire de Besançon. Il fut également fournisseur de nombreuses compagnies aériennes civiles, françaises et étrangères, de l'aéropostale, de l’Education nationale, des P.T.T., etc. Les évolutions techniques ont contraint, par la suite, la société à parier sur l'électronique, pari d'autant plus crucial que les exigences de l'armée étaient devenues plus dures. En effet, les cahiers des charges se sont alourdis obligeant la société Laurent Dodane à relever de nouveaux défis. La maîtrise technologique acquise permettra à Laurent Dodane d'être choisi en 1982 par l'armée allemande pour fabriquer avec PUW un instrument de chronométrage totalement nouveau. Technologiquement révolutionnaire, le chrono de bord Type 211 permet la remise à zéro instantanée, il comporte un éclairage intégré fonctionnant à bon niveau de lumière et un indicateur de fin de durée de pile. Il est capable de fonctionner à des températures allant de moins 60° à plus 70°. En 1989, il remporta avec succès tous les tests, ce qui lui permet d'obtenir l'homologation des services aéronautiques européens. Il équipa les flottes aéronautiques de nombreuses armées dans le monde. Il fut intégré au tableau de bord des hélicoptères franco-allemand Tigre, sur le Jaguar, les Mirages 2000 etc. C'est au cours de la guerre du Golfe que l'armée française a expérimenté avec succès son système de vision nocturne. Afin de perpétuer son savoir-faire familial, la cinquième génération de Dodane assura tout d’abord la continuité de l’activité chronographe de bord et fournit actuellement les aéronefs de plusieurs armées dans le monde. Souhaitant continuer à faire partager sa passion envers les belles mécaniques horlogères, elle décide en 2005 de concevoir une réédition du TYPE 21 en série extrêmement limitée. Les développements techniques très poussés des chronographes de bord ont donné une qualité et une authenticité uniques aux chronographes de poignet TYPE 21. Utilisés par des pilotes civils et militaires, les TYPE 211 et 21 sont reconnus comme des instruments irremplaçables du fait de leur fiabilité. |