TYPE 21 et TYPE 20, des montres chargées d'histoire


Les montres militaires ont une histoire,


elles reflètent d’intenses campagnes de recherche


de précision et d’authenticité.



La montre devait en effet être à même de suppléer la défaillance des appareils de bord 


en servant d’instrument de navigation aux pilotes.


Sur commande officielle de l’Etat-Major français, la Maison Dodane développe le chronographe TYPE 21 au début années 1950. Le Ministère de la Défense imposait alors un cahier des charges rigoureux pour les chronographes utilisés au sein de l’armée dont la spécificité principale était la fonction "retour en vol".

Tout en conservant leur précision, ces chronographes devaient supporter des contraintes extrêmes en termes d’accélération, de vibration, de variation de températures et de résistance aux effets magnétiques.

Les exigences de la marine et de l’armée de l’air, ont obligé les maîtres horlogers à aller toujours plus loin dans la précision, la fiabilité et la complication.


Première des conditions : posséder la fonction "retour en vol".
Ce dispositif chronométrique permet de remettre à zéros et de relancer instantanément une séquence par l’actionnement du seul poussoir de remise à zéros.

Les hauts responsables de l’Armée de l’Air ont imposé cette complication dans la mesure où elle permettait de suivre avec exactitude un plan de vol ou les consignes horaires de la tour de contrôle.

Une telle exigence peut aujourd’hui paraître inappropriée au vu de l’évolution et de la sophistication des équipements électroniques actuels. Mais la fiabilité de l’industrie horlogère de précision pouvait être tout simplement une question de vie ou de mort.


La montre était devenue un instrument de navigation, à même de suppléer les appareils de bords.


Cahier des charges 1956


Parmi les autres conditions imposées par le cahier des charges du ministère français de la Défense : une lisibilité parfaite du cadran de jour comme de nuit, ainsi qu’une autonomie supérieure à 35 heures et un écart maximal de 8 secondes par 24 heures.

L’écart étant réduit à 0,2 secondes par minute et 0,5 secondes par demi-heure pour ces chronographes.

En outre, ceux-ci devaient également être capable de fonctionner un minimum de 300 mises en marche, arrêts et remises à zéro consécutives.

Déjà utilisée par l’armée de l’air ainsi que dans d’autres corps, la montre fut fournie à l’OTAN dans le cadre de missions délicates.

Dans les années 1990, les chronographes Dodane TYPE 21 exerçaient toujours leur talent dans l’aviation légère de l’Armée de Terre.

En 2015, les Type 21 réédition et TYPE 23 continuent d'équiper les poignets de nombreux pilotes civils et militaires.



Environs 5000 montres chronographes Type 20 ou 21 ont été fabriquées par la manufacture Dodane SA

durant une période de quarante ans (de 1956 à 1994) et ce sous différentes marques

telles que : DODANE, Airin, Chronofixe, Iram, DOD, ou même sans marque.


 
Différentes versions ont été fabriquées en fonction de la destination de ces chronographes,
certains possédaient trois compteurs, d'autres deux et un petit nombre est animé de mouvements à quartz.

Ils ont été fournis en dotation aux pilotes français de chasses et d'hélicoptères, ainsi qu’à d'autres armées et à l'OTAN. Des séries civiles ont été aussi vendues en très petite série. Il ne comporte pas de marquage de fin de garantie.

Chronofixe était une marque utilisée par la manufacture Dodane SA pour les chronographes Type 20 et 21. Le concessionnaire de la marque Chronofixe était la société Comptoir Commercial des Manufactures, implantée à Paris et dirigée par M. Parmentier. Ingénieur horloger hautement qualifié, il a beaucoup collaboré avec notre société dans l'établissement et la commercialisation des types 11, 12, 20 et 21. Ces ébauches suisses était entièrement assemblées dans les ateliers de l’usine de Besançon.
 

Les mouvements mécaniques utilisés pour ces chronographes étaient des calibres :

--Valjoux  GH 222, 17 rubis, roue à colonne, Spiral de Breguet, 18000 alt/heure.

--ou calibre Valjoux VZ 231, roue à colonne, Spiral de Breguet, 21600 alt/heure

--ou les calibres Valjoux VZ 235

--ou un calibre Valjoux 720 ou 725 (chrono trois compteurs des pilotes d'hélicoptères de L'ALAT)
 


Les ébauches du calibre GH 22, VZ 23 et VZ 72 étaient de provenance Valjoux en Suisse et étaient entièrement assemblées et réglées dans l'usine Montres DODANE à Besançon en France.
 
Concernant la certification chronomètre, c’est l’observatoire de contrôle et de mesure du temps de Besançon que les Type 20 étaient certifiés. Nous avons d'ailleurs eut la chance de pouvoir réactiver ce service pour faire homologuer la réédition du TYPE 21 actuel.
 

Certaines informations sur le fond permettent de vous renseigner sur la provenance d’un Type 21 :

1. l’inscription « FG » signifie « Fin de Garantie ». Ainsi, une fin de garantie du le  12/06/71 par exemple, signifie que la montre est sortie de révision le 12/06/70.  Ensuite plusieurs dates peuvent être gravées et correspondent à chaque maintenance de la montre. Votre montre a donc été fabriqué entre donc probablement entre 1968 et 1969.
 
2. CEV signifie Centre d'essai en vol
 
3. N° 401597 Sur le fond de la boîte, la référence à 6 chiffres correspond pour les 3 premiers chiffres à la référence de la montre correspond à la référence  et pour les 3 suivants, le numéro de la montre N° 597 de la série 401.

Malheureusement, les quelques archives restantes ne permettent d’identifier les premiers possesseurs de Type 21. En effet, les chronomètres ont été fournis par lot à l’armée de l’air. Nous ne possédons donc pas d’informations précises sur la destination finale de ces produits car il était impossible d’éditer un registre spécifique.




Chronographe Type 21 plombé après révision